Culture et Patrimoine

P1000203

NOUVEAU ICI:

La culture, c’est aussi les astuces de grand’mère qui se transmettent de génération en génération

 

 

 

L’histoire et le nom de Saussines

Selon certains, le village doit son nom à la Villa Salsinas, qui serait mentionnée avec son église, dès 844 dans un diplôme de Charles le Chauve (Charles II, saint empereur d’occident, petit-fils de Charlemagne). Pour Emile GASTAL, l’historien du village, le nom de Saussines viendrait plutôt de la terre de Salcinis ou Salsonis, qui aurait été donnée à un autre petit fils de Charlemagne, Théodomir, par les puissants bénédictins de l’abbaye de Psalmody, près d’Aigues-Mortes, le 30 juin 881. Ce sont ces mêmes bénédictins qui y édifièrent un prieuré dédié à Saint Etienne. Mais les terres étaient caillouteuses et incultes. E. GASTAL raconte : « le respect qu’inspirait l’Eglise les tenait à l’abri des violences et créait autour d’eux une zone de sécurité. Les paysans des environs vinrent aussitôt y chercher asile. Hommes, femmes et moines tous réunis cultivèrent le sol. Les élevages, surtout celui du mouton, leur servirent de grande ressource ». Une troisième hypothèse, pour l’origine du nom de Saussines, est encore suggérée par Emile GASTAL : la commune est arrosée par la Bénovie et le Ribansol, deux rivières qui étaient bordées de saules (du latin Salix, famille des Salicacées), et Saussines pourrait avoir été « la terre des saules ».

patrimoine saussines: accès à la plaquette de visite de Saussines éditée par l’Office du Tourisme du pays de Lunel (dont le texte est repris ci-dessous).

à voir à Saussines:
Les anciennes maisons vigneronnes, témoignages de l’importance de la viticulture à Saussines.
Les « empègues » :
Ce sont les marques faites au pochoir sur les portails ou façades. Accompagnées du millésime, elles sont le témoignage du passage des jeunes qui, pour financer leurs réjouissances, passent de maison en maison lors de la fête votive.
La flore :
oliviers, figuiers, micocouliers, cyprès, pins… Ces quelques essences, présentes tout le long du circuit de découverte de Saussines, s’adaptent parfaitement au climat méditerranéen. Le figuier : résistant au gel comme aux grosses chaleurs, il s’accommode à tous les terrains et à tous les supports. Le micocoulier : en grec signifie « celui qui produit de minuscules petites baies ». « Chasse-diable » en Italie, il était planté à l’entrée des églises pour cette vertu. Le cyprès : l’arbre traditionnel des cimetières du sud de la France tient son nom de l’île de Chypre. Sa forme en chandelle sert de brise-vent pour les cultures. L’olivier : symbole de fécondité pour son aptitude à renaître après les gels ou incendies ; symbole de force pour sa longévité ; symbole de sagesse et bien sûr, symbole de paix. C’est l’arbre le plus précieux du Midi. Le mûrier : très présent dans le village, il est le témoignage passé de l’élevage du ver à soie dans de nombreuses exploitations.

La Mairie actuelle occupe un bâtiment qui abrita pendant de nombreuses années la Mairie et les écoles. Avec la loi du 28 juin 1833, il fut décidé d’inclure, dans les locaux de la Mairie, ceux de l’enseignement primaire. Le bâtiment (milieu du XIXème s.) accueillait au R.D.C. l’école des filles et l’école des garçons, au premier étage les logements des instituteurs et le bureau de la Mairie.

Prendre la rue des Sources jusqu’à l’intersection avec l’avenue de Saint-Hilaire. Tourner à droite puis prendre sur la gauche le premier chemin de terre.
L’ancien lavoir / la rue des Sources : trois sources alimentaient le village avec deux lavoirs. à voir : l’ancien abreuvoir et la pompe (source dite « Fonette »). En contrebas, l’ancien lavoir.
Continuer sur l’avenue de Saint-Hilaire, prendre la rue Mistral sur la droite. Passer devant la Médiathèque, une ancienne forge réhabilitée, puis tourner à gauche, rue du Foyer et continuer jusqu’à l’église.
L’église Saint-Étienne : mentionnée dès 844 dans un diplôme de Charles le Chauve (à côté de la Villa Salsinas, qui aurait donné son nom au village – voir plus haut), puis en 1090 dans le cartulaire de Maguelone, elle était le siège d’un prieuré dépendant de l’abbaye de Psalmody. Ce bel édifice du second âge roman, classé Monument historique, est l’un des mieux conservés de la vallée du Vidourle. Au cours des guerres religieuses du 17ième siècle dont le Languedoc fut le principal théâtre, le Duc de Rohan chef des armées protestantes stationnées à Sommières fit raser le clocher de Saussines en 1622, après l’attaque et la destruction du château de Montlaur.

La tradition orale a préservé et transmis l’explication des deux traits sur la façade Sud de l’église : un « Interdit » imposé aux catholiques (« églises barrées »), pour punir les Saussinois d’avoir prévenu le château de Montlaur de l’attaque. Des sources textuelles disparues depuis mais rappelées dans le livre d’ Emile Gastal : « Saussines » faisaient état de cette histoire . D’autres voient dans cet angle aigu des marques d’ancrage de toitures anciennes .

Descendre la rue de l’Eglise. à voir : les maisons de caractère en pierre. Emprunter l’avenue de Saint-Hilaire sur la droite puis prendre la première rue à droite, la rue du Château.

Le château : la seigneurie de Saussines fut inféodée en 1183 à Pierre de Ribaute. Jusqu’au milieu du XIIème s. un membre de la famille de Baschi d’Aubais est seigneur des lieux. En 1644, Estienne de Cazalet devient le premier seigneur autonome. Il fait construire « le château ». L’entrée principale, au sud, desservait un vestibule bordé de deux grandes salles. L’escalier permettait d’aller aux étages et au donjon par une galerie communiquant avec la cour d’honneur. L’aile nord, entre la cour et les jardins, conserve des fenêtres à meneaux. Au début du XVIIIème s., la famille de Solas en fait sa résidence secondaire, édifie l’aile nord et donne à l’ensemble son aspect actuel. En 1740, le château est acquis par Aristarque de Meaux de Fortunezay. À la révolution, son fils, Louis Marie n’émigre pas et devient alors le citoyen Demeaux. Par la suite, les terres sont rachetées par les Saussinois, le château partagé en deux. Différents propriétaires se succèdent, préservant et rénovant cet illustre témoin du passé.
Continuer votre flânerie en empruntant la Grand’Rue à gauche, prendre la rue du Moulin à vent. à voir : façade de style Art Déco. Couper la rue Neuve et emprunter le petit passage (passage de la Caillerette) qui vous emmènera avenue de Boisseron. Prendre l’avenue de Boisseron sur votre gauche. Avant l’intersection avec l’avenue de Sommières, vous pourrez découvrir en contrebas de la route sur la droite un lavoir en activité. Emprunter la rue Neuve sur votre gauche.
Les maisons vigneronnes : de nombreuses maisons vigneronnes, représentatives de l’histoire agraire de la région du Vidourle, sont encore visibles dans le village. Les plus anciennes (à proximité de l’église) avec leurs escaliers extérieurs et leur cave-remise en
rez-de-chaussée, restent modestes. à voir le long de la rue Neuve : une série de remarquables demeures viticoles, témoignant de la prospérité de la fin du XIXème s., avec leurs vastes portails aux piliers caractéristiques, leurs caves particulières et leurs maisons bourgeoises.
 
« Petite histoire »: La bécasse plâtrée
Un jour mon père a ramené à la maison une belle bécasse… qu’il avait tuée à la chasse. Elle avait comme particularité de présenter sur l’une de ses pattes un plâtre qu’elle s’était confectionné, à la suite d’une fracture, à l’aide de glaise et d’herbes enroulées comme un manchon et qui, ayant durci, lui avait permis de reprendre une vie normale, et nous les enfants étions malheureux de voir que cette bête si ingénieuse dans sa détresse, avait connu cette fin. Nous aurions préféré que notre père ait manqué son coup de fusil… et lui peut-être aussi.
Robert Valadier (dans Mémoires de Saussinois, livret 2, à lire à la Médiathèque de Saussines)